Journal d'un terrien

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Conscience et Univers Adimensionnels

Nos pensées créent le monde qui crée nos pensées


Si ce titre vous fait peur, sachez que cette page prouve que la conscience n'est pas un phénomène physique et n'a pas sa source dans notre crâne ! Ça vaut la peine de lire, non ?



1). Au coeur du cerveau

NB: Ce paragraphe est pompé honteusement sur le site de Vahé Zartarian que je remercie.

La partie du cerveau qui nous intéresse plus particulièrement ici est une petite zone située au sommet du cerveau et appelée aire motrice supplémentaire, ou AMS en abrégé (ou encore SMA pour supplementary motor area en anglais). Découverte dans les années 20, son rôle n'a vraiment commencé à être compris que dans les années 60-70. Les neurophysiologistes Porter et Brinkman en particulier ont découvert en étudiant le singe, qu'environ un dixième de seconde avant qu'il ne tire un levier pour obtenir de la nourriture, les cellules de l'AMS entraient en activité. Le plus intéressant est que cette aire était activée avant toute autre aire cérébrale, notamment avant le cortex moteur (la partie du cerveau qui commande les mouvements musculaires). C'était le premier indice sérieux qu'une zone précise du cerveau était impliquée dans le passage d'une intention à l'action.

La technique s'améliorant, des recherches plus poussées purent être entreprises sur l'homme lui-même. Les expériences de Roland au début des années 80 sont à ce titre particulièrement édifiantes.

Il était demandé à des sujets d'accomplir des mouvements avec les doigts, suffisamment compliqués pour qu'ils ne puissent devenir automatiques. Comme chez le singe, on constata que le mouvement partait bien des neurones de l'aire motrice supplémentaire.

Mais le résultat le plus étonnant fut obtenu dans une variante de l'exercice où il était demandé au sujet d'accomplir la série de gestes uniquement par la pensée, sans passer à l'acte. Comme il fallait s'y attendre, les neurones concernés du cortex moteur restèrent inactifs. En revanche, Roland découvrit que l'AMS, l'aire motrice supplémentaire, était, elle, activée. Autrement dit, la simple intention mentale d'exécuter un mouvement se traduit par une activation des neurones de l'AMS. Et on a observé en plus que des intentions différentes se traduisent dans l'AMS par des motifs d'activation différents.

Récapitulons.

Lorsqu'on veut accomplir un mouvement, comme lever le bras, les neurones de l'AMS sont les premiers activés. Ensuite, les signaux se propagent aux neurones appropriés du cortex moteur, pour finalement aboutir à la contraction des muscles du bras. Le point capital à relever est que la mise en activité des cellules de l'AMS n'est déclenchée par aucune autre cellule. Autrement dit, cette modification au niveau de la matière qu'est l'activation d'un neurone n'est pas causée par quelque chose de matériel! Comme le neurologue et prix Nobel de médecine John Eccles, nous sommes obligés de conclure: "Nous avons la démonstration irréfutable que l'acte mental que constitue une intention provoque la décharge d'une cellule nerveuse". (1)

2) La théorie Ummite

Ce paragraphe est sans doute plus dur à avaler car c'est pure spéculation jusqu'à preuve du contraire. Mais les paragraphes suivants donnent justement cette preuve...

Les Ummites sont un groupe de personnes qui prétendent être des extraterrestres venant d'une planète nommée UMMO. Que ce soit vrai ou pas importe peu ici. vous pouvez vous faire une opinion en jetant un oeil sur les pages "ummo" de ce site.

Quoi qu'il en soit les "ummites" ont écrit de nombreux document que vous pouvez consulter en ligne, dont certains ont à voir avec la nature de la conscience. Selon ces documents, il existe dans le cerveau une aire (on pense à l'AMS of course) qui est un récepteur" de signaux envoyés par ondes gravitationnelles (!) depuis un "autre" univers. On nage en plein dans la mauvaise science-fiction, mais ne décroche pas, ami lecteur, tout ça est très sérieux. Dans cet "autre" univers se trouvent les consciences, ou les "âmes", qui gouvernent ainsi nos actions. Dit comme ça, ça fait très théologique et parfaitement invérifiable. Depuis le temps que les philosophes méditent sur l'existence de l'âme...  Mais les Ummites décrivent précisément à quoi ressemble cet "autre" univers, comment il est né, conjointement d'ailleurs à une infinité dénombrables d'univers dont il est l'un des "univers limite". Surtout, ils disent que ces univers sont "adimensionnels" les uns par rapport aux autres. Ils détaillent aussi la manière dont ces ondes sont captées et émises par certains structures formées de 86 atomes de krypton situées à l'extrémité des chaînes ADN de certains neurones. Jusqu'à maintenant, c'est pure spéculation, mais pas impossible.
On peu le croire ou pas. Mais jouons un peu avec cette idée : supposons que a conscience ne prenne pas sa source dans notre cerveau, mais que nos actions "volontaires" (non réflexes) sont télécommandées par des "structures" qui ressemblent diantrement à des "âmes" et qui se trouvent dans un autre univers "adimensionnel". Qu'est ce que signifie ce charabiah ?

3) les univers adimensionnels

Qu'est ce que signifie ce mot ? Un univers a-dimensionnel est un univers dans lequel nos notions habituelles d'"espace" et de "temps" n'ont pas de sens. Pourtant des structures existent et évoluent dans cet univers.

Foutaise ! Impossible !. Pas du tout, je vais même vous donner un exemple concret et irréfutable d'un tel univers adimensionnel. Si !

Considérez un banal ordinateur dans lequel vous faites tourner un programme de simulation, genre le jeu "civilization" ou "les sims". Ce programme simule l'évolution d'un univers virtuel, physique, biologique météorologique, ou autre. Il existe des centaines d'exemples de tels programmes.  Supposez en outre que vous n'interragissiez pas avec le programme: vous le chargez, puis vous le laissez tourner tout seul comme un grand.

Dans l'univers simulé, la seule notion de temps qui existe et la vitesse de l'horloge CPU de l'ordinateur. Peu importe que le modèle tourne sur un intel 286 ou sur un cray YMP, le modèle arrivera tôt ou tard au même état. On peut même arrêter un moment l'horloge de l'ordinateur et la remettre en service : le calcul continuera comme si de rien n'était. Et même, si le modèle est conçu pour ne pas perdre d'information en route, on peut "défaire les dernières étapes", c'est à dire faire tourner l'horloge à l'envers. Dans un ordinateur courant c'est assez difficile, mais avec des "ordinateurs" spécialement conçus qu'on appelle des machines de Turing réversibles, on peut faire avancer ou reculer l'horloge CPU comme on veut. Nous avons même des milliards de ces machines réversibles dans notre corps : les ribosomes.

Petit aparté pour les seuls lecteurs intéressés : les ribosomes sont des protéines dont le rôle est de réaliser la synthèse des protéines. Un ribosome est comme un train miniature qui se 'balade' en avant ou en arrière le long d'une chaîne d'ADN ; lorsqu'il va en avant, il ajoute une molécule (un acide aminé) à la protéine en cours de fabrication, lorsqu'il a va en arrière il détache cette molécule. Un ribosome effectue un calcul, car il est à un moment donné dans un "état" qui dépend des trois derniers "codons" d'ARN qu'il a "lu" et qui déterminent si un molécule doit être ajoutée, et laquelle, ou si la synthèse est terminée. Le ribosome est le "moteur" du code génétique, mais c'est un drôle de moteur : il est mû essentiellement par l'agitation thermique, c'est à dire qu'il a presque autant de chances d'ailler en avant qu'en arrière ; mais un très faible potentiel électrique dû à l'ADN le "tire" légèrement plus fort vers l'avant que vers l'arrière : c'est ainsi que la protéine codée par le brin d'ADN pourra finalement être achevée. Ainsi un ribosome agit exactement comme une machine de Turing réversible et certains scientifiques étudient la possibilité de réaliser des "ordinateurs moléculaires" basés sur ce principe.
Le fait important est que le temps simulé dans la machine et le temps "réel" de notre univers physique sont totalement découplés : ils peuvent même aller parfois en sens inverse l'un de l'autre. De même les "dimensions" des objets simulés sont des simples nombres dans l'ordinateur; il sont totalement indépendant des dimensions de l'ordinateur lui-même.

Ainsi des univers adimensionnels par rapport au nôtre existent bien !

Il est important de comprendre que l'a-dimensionalité est une caractéristique relative : elle ne vaut qu'entre deux univers.

Cette a-dimensionalité peux avoir des conséquences surprenantes : par exemple un calcul très long et compliqué peut être réalisé instantanément (pour nous) par un ordinateur situé dans un univers adimensionnel "au dessus" du nôtre. Ainsi la réduction de la fonction d'onde en mécanique quantique pourrait être instantanée pour nous, bien qu'elle exige des choix complexes qui ont lieu en fait dans un "autre" univers. Mais surtout, elle a des conséquences troublantes sur ce qu'est la conscience.
 

4) Suite d'univers adimensionnels emboîtés

Supposons que nous ayons un ordinateur avec lequel nous simulons un univers virtuel V rempli de robots "intelligents" qui jouent avec des cubes (par exemple). Nous pourrions avoir dans cet univers une représentation du cerveau des robots, sous forme d'un ordinateur virtuel dans lequel les robots engrangent leurs connaissances sur l'univers virtuel V. En clair, ces robots virtuels ont chacun une représentation partielle W de "leur" univers V, avec laquelle il peuvent faire des prédictions et des simulations ; ils ont dans leur "tête" virtuelle un autre univers virtuel W qui est pour eux un modèle de V. A la limite ils peuvent inclure dans W un modèle des autres robots et d'eux même, qui sera un autre univers virtuel....

Il est donc possible de concevoir une suite d'univers virtuels emboîtés les uns dans les autres. Les habitants de l'un de ces univers virtuels (les robots) ne savent pas qu'ils sont virtuels, mais ils savent quel leurs "sous univers" sont, eux virtuels. Et ceci quelque soit le niveau de "profondeur" de ces univers : à chaque niveau, vous avez conscience des niveaux en dessous mais pas de ceux au dessus. De plus les sous-univers étant des simulations, ils sont tous adimensionnels deux à deux !

Nous, bien sur, nous savons que nous somme dans l'univers réel et que tous les autres univers emboîtés sont virtuels... hum ! Relisez le paragraphe précédent :  à chaque niveau, vous avez conscience des niveaux en dessous mais pas de ceux au dessus. Nous pouvons très bien vivre dans un univers virtuel sans le savoir !

Bon, d'accord, mais tout ça c'est de la spéculation pure, me direz vous. Oui ! Pour le moment... Mais attendez la suite !

Avant d'attaquer le gros morceau, une question : Deux univers peuvent ils être virtuels l'un pour l'autre ? réponse : oui ! Par exemple avec notre simulation de robots, nous pouvons faire en sorte que dans le modèle W que se forge chacun des robots, nous incluions des éléments de l'univers V. Nous pouvons le faire car nous, nous savons que W est inclus dans V et que V est un programme d'ordinateur lui même inclus dans l'univers "réel" : ayant crée tout cette hiérarchie, rien ne nous empêche d'y mettre quelques courts-circuits pour que certains sous univers soient des copies conformes d'un niveau supérieur : le serpent se mord la queue !

D'ailleurs nous même fonctionnons ainsi : lorsque nous percevons quelque chose du monde extérieur, nous mettons à jour notre représentation mentale de ce monde : et en retour nous agissions sur le monde extérieur. Nous avons au dedans de nous un univers virtuel : le monde de nos pensées ; les deux univers, le réel et le virtuel interagissent entre eux. Il est tout a fait possible que le monde que nous percevons soit dans notre tête ! Nos pensées créent le monde, qui nous crée en retour.

Je prétends que cette hypothèse est vraie, et je vais le prouver !

5) La machine de Turing universelle et le déployeur universel

Mais auparavant il me faut faire une petite disgression. Je vais vous parler de la machine de Turing Universelle (MdTU). Je n'entrerai pas dans les détails, ya d'autres sites web pour ça. Je veux juste dire que la MdTU est un modèle théorique d'un ordinateur universel inventé par le mathématicien anglais Alan Turing en 1943, c'est à dire avant l'invention des ordinateurs ! (le premier ordinateur fut le Z3 de l'allemand Konrad Zuse en1944, détruit pendant la guerre, et non pas l'ENIAC américain de 1954, mais peu importe....)  Une MdTU peut faire tous les calculs que n'importe quel autre ordinateur peut faire et donnera les mêmes résultats. Ça prend en général pas mal de temps parce qu'une MdTU ne dispose que d'un langage rudimentaire (le plus rudimentaire qui soit, en fait), mais l'important c'est que théoriquement, sa puissance de calcul n'est pas limitée. De plus une MdtU dispose d'une "mémoire" arbitrairement grande : pratique, n'est ce pas ? L'important c'est de retenir :


En particulier on peut écrire un programme qui génère la liste de tous les programmes possibles dans l'ordre lexicographique (c'est a dire en commençant par les programmes à un bit, puis deux, etc. C'est facile, il suffit d'écrire la liste des entiers positifs dans l'ordre (certains et même beaucoup de ces programme n'ont aucun sens et ne font que causer des erreurs, mais peu importe).
On peut aussi créer un programme un peu (très) spécial pour une MdTU, qui fasse la chose suivante :

Ici il y a une difficulté technique par ce que certains programmes vont "boucler" et ne jamais s'arrêter, si bien qu'on ne pourra pas passer au programme suivant : mais cette difficulté peut être contournée si l'on se souvient que les MdTU fonctionnent par "pas" indivisibles : il suffit d'exécuter tous les programme un seul pas, puis de recommencer : on simule ainsi une exécution en parallèle. Ceux qui comme moi ont la chance de travailler sous Linux plutôt que sous l'infâme MS-DOS savent ce que cela veut dire.
 
Plus précisément notre machine commence par générer un seul programme, celui de numéro 1 et qui vaut "1", puis elle simule l'exécution de un seul pas sur ce programme (ce qui dans la cas présent stoppe notre programme car il est syntaxiquement incorrect).
Ensuite à un instant donné notre machine aura généré n programmes et exécuté p pas de ces n programmes (du moins sur ceux qui ne se sont pas encore arrêté à l'étape n). Elle ajoute alors le programme n+1 a sa liste de programme en cours de simulation et simule l'exécution de un pas des programmes non encore terminés. Et ainsi de suite...


J'appellerai ce programme un "déployeur universel" : si on le laisse tourner suffisamment longtemps, il simulera l'exécution de tous les programmes imaginables. Un déployeur universel n'est pas très compliqué à écrire, et en fait des informaticiens ont ont déjà écrits.

Très bien. Mais qu'est ce que ça a à voir avec la conscience ? Ceci :

  Si nous sommes des machines, alors nous sommes forcément simulés par le déployeur universel.
Le terme "nous sommes des machines" signifie "notre esprit est un programme qui s'exécute dans notre cerveau", ou encore "le cerveau est un dispositif fantastiquement complexe, mais ce n'est qu'un dispositif et ont peut théoriquement le reproduire" ; certains philosophes et informaticiens ont même suggéré que pour cela il fallait reproduire exactement nos neurones et leurs connections, d'autres qu'une description de plus haut niveau serait suffisante (comme un système de symboles et d'"agents" qui interagiraient entre eux pour créer l'illusion de la conscience).

En fait c'est une hypothèse assez commune et partagée par la majorité des gens : on nous a tous enseigné à l'école que le cerveau était le siège de la pensée et que le cerveau est fait de milliards de neurones qui sont individuellement dépourvus de pensée et ne sont capables que de calculs très simples (comme comparer entre elles les niveaux d'excitation de leurs entrées, ou d'en faire le total et de s'exciter s'il est supérieur à un certain seuil).

Cette hypothèse à un nom : c'est l'hypothèse mécaniste. Elle dit en soi que le cerveau n'est rien d'autre qu'un dispositif mécanique et que notre volonté, nos émotions, désirs, pensées, etc. ne sont que des états partiels de ce dispositif. Ou encore : si l'on décrit un être humain avec une précision suffisamment grande, on saisit complètement son identité mentale. À ce niveau de précision, le fonctionnement de l'esprit d'un individu est mécaniquement décrit

L'hypothèse mécaniste est impliquée par une hypothèse plus forte et pourtant encore plus commune : celle que l'univers est lui aussi un processus. Cette hypothèse porte le nom de déterminisme. Ce processus calcule à chaque instant l'état "à l'instant suivant" de l'univers en fonction de l'état présent. Naturellement ceux qui font l'hypothèse du déterminisme supposent que l'univers est un ordinateur massivement parallèle  : à la limite chaque particule en est un "processeur" ; n'empêche qu'il peut théoriquement être simulé par une machine de Turing qui serait située dans un univers adimensionnel à "un degré de virtualité au dessus" du nôtre.

Le déterminisme implique le mécanisme, en effet si l'univers est déterministe est le cas alors nos cerveaux qui font partie de l'univers peuvent être simulés par un sous-processus du processus déterministe universel.

Ce que je vais prouver, c'est que le mécanisme est faux, et que par conséquent le déterminisme est également faux. On peux voir pourquoi : nous agissons sur l'univers, et si nos pensées n'ont pas leur source dans l'univers, alors l'état futur de l'univers ne dépend pas que de son état présent. Reste à prouver que le mécanisme est faux.

Mais auparavant je voudrais prouver pourquoi si le mécanisme est vrai, nos consciences sont simulées sur le déployeur universel. Ce dernier, on s'en souvient, est une machine de Turing Universelle un peu spéciale qui exécute simultanément (le mot technique serait concouramment)  tous les programmes possibles. Si votre esprit est un processus, vous êtes donc simulé par le déployeur universel. Oui, vous, moi, chacun de nous a son esprit simulé par lui, de même que des myriades d'autres programmes et même l'univers entier s'il est déterministe.

On pourra objecter que le déployeur universel simule seulement l'esprit et non l'environnement ; mais il n'a pas besoin de simuler cet environnement, car pour que votre esprit simulé ait une sensation identique à celle que vous avez à présent (je vous sens troublé et perplexe ! ;-), il lui suffit de simuler correctement les influx nerveux provenant de vos divers organes sensoriels.

Comme c'est une possibilité purement théorique parce qu'une machine avec une mémoire aussi grande n'est pas vraiment réaliste, vous vous dites bon, d'accord, admettons, ça peux pas faire de mal. Eh bien, si !

6) l'indéterminisme fondamental

Ce paragraphe est largement inspiré d'un article de Jean-Paul Delahaye dans Pour la Science N°243
lui même inspiré de la thèse de doctorat de Bruno Marchal au LIFL à Lille.

Procédons à quelques expériences de pensée, comme on le fait fréquemment en physique et comme Albert Einstein l'a fait avec délectation et génie pour élaborer et justifier sa théorie de la relativité générale.

Si l'hypothèse du mécanisme numérique est vraie, on imagine que l'on saura construire un jour des machines qui analyseront un corps humain tout entier, en enverront la description codée à une machine de reconstitution, par exemple sur la Lune, machine qui alors le recréera ou recréera son équivalent mécanique. La science-fiction a depuis longtemps envisagé ce moyen de transport à la vitesse de la lumière, qu'elle désigne par téléportation. Celui qui monte dans une machine de téléportation a le sentiment d'un simple déplacement. De son point de vue, avant que la machine soit mise en marche et sauf en cas de pannes, qu'on espère rares, il est certain de se retrouver sur la Lune.

Imaginons maintenant que le signal avec la description de votre corps soit envoyé à la fois sur la Lune et sur Mars, où deux machines réceptrices différentes vous reconstituent chacune de leur côté. Avant de monter dans la machine, vous savez qu'elle va vous envoyer dans deux directions ; si vous vous posez la question : «Vais-je me retrouver sur la Lune ou sur Mars?», vous n'avez aucune raison de donner plus d'importance à la machine sur la Lune qu'à celle sur Mars et vous répondez : «Il y a 50 pour cent de chances que j'aille sur Mars, et 50 pour cent que j'aille sur la Lune.»

En recommençant l'expérience un très grand nombre de fois, et en interrogeant les gens qui sortent des machines sur Mars et sur la Lune, on trouverait que la moitié exactement ont fait le voyage Terre-Lune et l'autre moitié Terre-Mars. La prédiction «Je vais arriver sur la Lune» est donc juste une fois sur deux. Nous avons affaire à une indétermination absolue. Même si nous croyons que toutes les lois de la physique sont parfaitement déterministes, cet indéterminisme persiste. C'est bien sûr un indéterminisme psychologique - intime, pourrions nous dire - qui n'en est pas moins total. Contrairement à l'indéterminisme quantique, il ne peut être évité par aucune théorie spéciale comme celles «à variables cachées et non locales» qu'on a proposées pour rétablir le déterminisme physique

Vous objecterez : Mais je ne retrouverai ni sur la une ni sur mars, mais sur les deux à la fois. Où est le problème ? il y aura peut être en effet deux copies de vous, mais laquelle sera "vous" ? vous n'avez pas le droit de répondre "aucune", puisque après le télétransport chaque copie affirmera de plein droit être "vous", et qu'il est évident que vous croyez que vous allez survivre au télétransport (sinon vous n'entreriez pas dans la machine). Une autre façon de voir les choses : fermez les yeux au moment ou vous entrez dans la machine ; ouvrez les en sortant : entre temps vous n'avez rien ressenti de particulier, vous avez toujours le sentiment d'être "vous". Mais où êtes vous ? réponse : vous avez une chance sur deux de vous trouver sur la Lune, et une chance sur deux d'être sur Mars... Encore que... ce que vous ne savez pas, c'est que des individus malintentionnées ont secrètement intercepté le message et ont reconstitué une troisième copie de vous sur la planète pluton. Donc ce n'est pas une chance sur deux mais une chance sur 3 ! Mais ce que vous ne savez pas non plus, c'est que ces affreux méchants ont enregistré le message dans une mémoire holographique avec l'intention de reconstituer un nombre quelconque de copies de vous plus tard, s'ils le jugent nécessaire... Alors quelle est la probabilité ? Cette notion n'a même plus de sens ! Ça devient grave...

Encore une autre manière de voir les choses : Modifions légèrement l'expérience : on crée seulement une copie (sur la Lune, par exemple) mais on ne détruit pas l'original. Qui est "vous ?" Si vous répondez "celui qui est resté sur la terre", alors c'est que vous croyez qu'il ya plus dans un être humain que l'information sur la position et la vélocité de de ses atomes, donc que vous n'êtes pas mécaniste.

Encore une autre manière de voir : on vous désintègre sur Terre, mais en fait on enregistre l'information et on ne vous reconstitue qu'un an après : si vous croyez au mécanisme, vous croyez que c'est bien vous qui êtes reconstitué : vous avez simplement l'impression d'avoir fait un "saut" (instantané pour vous), d'un an dans le futur. Mais vous apprenez alors que que l'on vous a reconstitué avec des molécules de synthèse, alors que vos molécules originales ont été amenés sur la Lune par un vaisseau spatial et qu'on a reconstitué votre corps la bas il y a déjà plusieurs mois : vous n'êtes qu'une copie !

Vous voyez bien qu'il y a un indéterminisme profond la dedans. En quoi est il lié à l'indéterminisme quantique ?

Imaginons que vous croyiez au mécanisme. Vous avez un ordinateur gigantesque. Sur ce système tourne un processus qui calcule l'évolution d'une salle contenant un homme et une pièce de monnaie. Lorsque l'homme tire à pile ou face, au lieu de calculer la trajectoire, le processus, utilise une instruction qui le dédouble (fork sous unix) et la pièce tombe sur face dans le processus parent et sur pile dans le processus fils. L'homme lance la pièce et attend avant d'observer le résultat. Sa conscience est identique dans les deux processus tant qu'il laisse la pièce cachée. Pour lui, la pièce est dans l'état superposé «pile plus face». Au moment où il observe la pièce, il entre dans l'état superposé «homme qui pense que la pièce est sur face plus homme qui pense que la pièce est sur pile». Il peut donc croire que la pièce «choisit» son état au moment de l'observation. l

L'indéterminisme quantique apparaît comme étant a posteriori un cas particulier d'indéterminisme mécaniste. En particulier, les états quantiques relatifs d'Hugues Everett sont des cas particuliers des états computationnels parcourus par le déployeur universel. À ce stade, on peut montrer que l'indéterminisme quantique (d'origine empirique) confirme (cela ne veut pas dire prouve) l'hypothèse du mécanisme. L'interprétation des mondes multiples est par ailleurs la seule interprétation de la mécanique quantique qui se marie avantageusement avec l'hypothèse du mécanisme, qui est en outre invoquée explicitement par Everett.

7) Où on enfonce le clou

Revenons à nos moutons et à nos univers adimensionnels, et voyons comment ça ce mélange avec cet indéterminisme fondamental..

Le déployeur universel peut vous simuler dans son temps à lui qui n'est pas le votre. si on construit un déployeur universel dans mille ans, et qu'on le laisse tourner un million d'années, votre esprit actuel sera dedans ; en vertu de l'indéterminisme fondamental, vous ne savez pas avec quelle probabilité cet esprit simulé sera "vous à la première personne" ; mais vous savez que cette probabilité n'est pas nulle.

Mais il y a mieux : le déployeur univers n'a pas besoin de réellement exister, il suffit qu'il soit théoriquement concevable (et c'est le cas). Pour prouver cela, considérons un objet mathématique comme le nombre 31415926 : ce nombre peut être physiquement réalisé, par exemple en rassemblant 31415926 cailloux, mais vous savez bien que vous n'avez pas besoin de cela pour comparer n'importe quel autre nombre à 31415926 : avant que cet entier n'ait été physiquement réalisé, il existait déjà dans le monde abstrait des concepts mathématiques. Or un programme n'est rien d'autre qu'un nombre entier. Donc si je suis un programme (hypothèse mécaniste), mon existence n'exige pas vraiment qu'un monde physique la supporte. Cette idée qui dispense d'appuyer la conscience sur la matière est réfuté par les philosophes qui soutiennent la thèse de la supervénience physique : celle-ci dit que pour qu'une conscience existe, il faut qu'un support physique lui soit associé. Cette thèse exige que nous adoptions vis a vis des programmes une attitude différente de celle que nous avons vis à vis des nombres entiers. On dit que l'esprit "supervient à la matière" (qui lui est nécessaire).

Celui qui croit au mécanisme se trouve fasse à une redoutable alternative : Si nous ne croyons pas à la supervénience physique, l'existence théorique du déployeur universel fait que nous nous trouvons face à un indéterminisme fondamental qui nous interdit de dire où se trouve notre esprit (et si nous sommes mécaniste, nous ne pouvons croire à un indéterminisme) ;  Mais si nous croyons à la supervénience physique, nous devons considérer que les programmes ne sont pas des nombres, ce qu'ils sont pourtant.

En d'autres termes, faut-il rejeter le mécanisme ?

Il existe une unique solution à ce dilemme : c'est que la conscience exige certes un support physique, mais celui-ci ne peut être dans notre univers : il est forcément dans un autre univers, c'est à dire dans un univers adimensionnel relativement au notre.

En d'autres termes,

En quoi cela résoud-t-il le paradoxe de l'indéterminisme fondamental ? Reprenons l'expérience du télétransporteur qui crée deux copies de vous, l'une sur la lune, l'autre sur Mars : lorsque deux copies de moi sont créées, ces deux copies sont en liaison avec la même "âme" dans V. Il n'y à pas d'indéterminisme, car V est adimensionnel : cela n'a plus de sens dire que ma conscience est sur la Lune ou sur Mars, car elle n'est pas dans notre univers.

CQFD.

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Commentaires (22) :

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Oscarhermès
Le 10/11/2009 à 10h06
Le fait d'ajouter des opérateurs extérieurs à notre fonctionnement psychique, comme si une volonté extérieure s'emparait de nous me semble aller un peu vite.<br />rnIl ne faut pas oublier que nous sommes aussi la synthèse du bagage génétique de nos parents, ces propriétés sont inscrites en nous et conditionnent nos choix.<br />rnJe pense qu'il en est de même de notre perception culturelle qui est fonction de notre environnement social et dont l'interprétation que nous faisons est aussi une synthèse de notre hérédité.<br />rnEn bref, nous sommes des être animés qui se construisent dans le but de survivre en suivant la loi du plaisir et en évitant le danger. En fait nous nous situons entre l'idée de vie et de mort.Il suffit de voir comment un enfantfait des choix pour comprendre le processus de notre évolution.<br />rnMais alors d'où vient la conscience,où est-elle inscrite? Là je dois dire que je ne peu y répondre, nous pouvons saisir ce qui se passe mais ne pouvons encore l'expliquer.<br />rnLa conscience me semble plutôt au service de notre réalité physique dans le but de notre survie et de nous éviter la douleur ( vaste principe du plaisir )Si quelque chose nous fait souffrir nous essayons de trouver un autre arrangement afin de nous éviter cette souffrance et Dieu sait que les contracdictions ne manquent pas.<br />rnJe pense aussi que suivant la qualité de notre organe psychique les niveaux de consciences seront différents,il est évident que la maladie d'alzheimer où tout autre trouble psychique va considérablement modifié nos état de conscience et par conséquent nos manières d'agir.<br />rnAlors en faisant de belles théories ne perdons pas de vue nos faiblesses qui nous enferment dans ce monde matériel
Dahut
Le 09/03/2009 à 18h07
Je voudrais réagir sur le point de départ de la pensée. Je suis d'accord avec Henri, que on en mesure que ce qu'on veut bien mesurer ou ce que nos instruments actuels peuvent mesurer. J'ai moi même fabriqué un EEG à 30Khz qui captait bien plus d'informations que les EEG traditionnels à 10-100Hz. La différence est que les médecins ne savaient que faire de mes mesures ni comment les interpréter, alors que moi avec mon background de reverse engineering en informatique, je pouvais facilement retrouver des informations là dedans. La conscience ne "nait" pas dans l'AMS, elle interfère sans doute en premier lieu au niveau de l'AMS mais aussi à d'autre niveau, car, ici encore, vous réduisez tout à la seule partie des I/O de notre cerveau, et pas avec tout le processus interne de mentalisation.

Pour ce qui est de JMV et de ses NDE, jen ai fait plus de 100 et la conclusion est que ce sont simplement des modifications biochimiques dans le cerveau. Croyez moi, on reste bien dans son corps, même si on hallucine maousse kosto.

dahut@skynet.be
henri pierre
Le 27/11/2008 à 08h10
bonjour Serge.

Interessant. Je ne suis pas persuadé, loin de la, que l on puisse resumer le fonctionnement du cerveau a la simple activation des neurones. TU postules que l imagerie cerebrale permet des mettre en evidence tous ce qui se passe dans notre cerveau. Hors ce postulat est erroné. les phenomenes qui interviennent sont , certe, d ordres electrique, magnetique mais egalement chimique , quantique et sans doute bien d autres choses encore..

Par consequent tu ne peux affirmer que la pensée initiale prend naissance dans l AMS.

Ce que tu observes au travers de l imagerie c est tout simplement ce que les moyens a ta disposition te permettent d observer. bref.

Pour etre franc je suis loin d etre convaincu par ta demonstration. cela dit j ai trouve cela bien interessant.. et tres amusant..
Serge Boisse
Le 14/11/2008 à 20h31
Florky, il n'y a pas d'erreur dans le texte : les neurones de l'AMS sont les premiers activés, juste avant le passage à l'action. Ceci est démontré par les techniques d'imagerie cérébrale (RMN). La "pensée" dont tu parles est précisément crée par ces neurones...



Quant à ton raisonnement sur les mondes virtuels emboités, tu te trompes également : Tous les ordinateurs sont également "puissants" dans le sens où ils sont tous capables de faire les mêmes calculs. Certains sont seulement plus rapides que d'autres... Mais cela ne change rien, car dans un univers virtuel le temps simulé n'a rien à voir avec celui de l'univers englobant. Au final, tout ces ordinateurs virtuels sont simplement des machines virtuelles que va émuler un ordinateur du monde réel (le notre), et les instructions virtuelles seront bien exécutées, peu importe si c'est vite ou lentement. (Je suis désolé de ne pas être plus clair, le sujet est un rien complexe quand même, lol)



Enfin tu fais aussi erreur sur l'argument de la téléportation : peu importe que toi, tu décides de ne jamais monter dans une telle machine, il s'agit d'une expérience de pensée. L'argument est "SI une personne montait dans cette machine, ALORS elle se retrouverait face à un indéterminisme à la première personne". Tu me suis ?



Je maintient donc mes arguments.



florky
Le 07/11/2008 à 09h34
erreur : Je pense donc que vos suppositions N'amènent PAS à la preuve que la conscience se trouve hors du crâne.
florky
Le 07/11/2008 à 09h10
#Comment pouvez vous dire que « Lorsqu'on veut accomplir un mouvement, comme lever le bras, les neurones de l'AMS sont les premiers activés. » Si on veut lever le bras, il y a forcément une pensée antérieure qui fait que l’on a voulut lever le bras. Est on sûr que cette zone, l’AMS, n’est pas activée par cette pensée ?



#« Avant d'attaquer le gros morceau, une question : Deux univers peuvent ils être virtuels l'un pour l'autre ? réponse : oui ! Par exemple avec notre simulation de robots, nous pouvons faire en sorte que dans le modèle W que se forge chacun des robots, nous incluions des éléments de l'univers V. Nous pouvons le faire car nous, nous savons que W est inclus dans V et que V est un programme d'ordinateur lui même inclus dans l'univers "réel" : ayant crée tout cette hiérarchie, rien ne nous empêche d'y mettre quelques courts-circuits pour que certains sous univers soient des copies conformes d'un niveau supérieur : le serpent se mord la queue ! »



je pense que faire cela est impossible, il y a un problème d’autoréférence. Supposons que les robots de l’univers V simulent sur leur ordinateur (l’univers V est un univers muni de seulement un ordinateur lol) un univers X, et que nous qui appartenons à un univers d’ordre supérieur, nous décidions que cet univers X soit l’exacte copie de l’univers V. En théorie c’est possible car on connais toutes les informations définissant V, on peut donc les inclure dans l’ordinateur de l’univers V. Le problème survient lorsqu’il s’agit pour l’ordinateur de V de simuler l’ordinateur de X. L’ordinateur de l’univers V est nécessairement plus puissant que celui de X.



#Ce que vous appelez téléportation moi je l’appellerais simplement copie. Il n’est pas du tout évident que je pense pas que je vais survivre à la téléportation : je n’entrerais jamais dans une machine qui « téléporte » en détruisant l’original, car je pense mourir en donnant naissance à une copie certes, mais qui n’est pas moi. Je pense donc que vos suppositions amènent à la preuve que la conscience se trouve hors du crâne.
jmv
Le 13/10/2008 à 17h30
Bonjour,

j'apprécie votre approche mathématique...

lisez mon article:

http://pagesperso-orange.fr/jean-marc.viallet/nde.html

peut-être pouvez-vous faire avancer mon idée,

cordialement
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