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Auteur: Serge Boisse
Date: Le 22/03/2023 à 15:03
Type: web/MOC
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Les médias sont passé maître dans l'art de nous faire peur. Ils signalent sans arrêt de nouvelles épidémies : Sida, grippe aviaire, SRAS, Virus Ebola, Creutzfeldt Jacob... Qui viennent s'ajouter à toutes celles déjà connues. Qu'en est-il vraiment, et faut-il avoir peur ?
Voila quelques questions que je voudrais aborder ici.
Le SRAS-CoV-2 dit "COVID" a fait officiellement 5 millions de victimes, mais d’après des estimations tout à fait crédibles (parce que les chiffres de la Chine sont complètement truqués) , le véritable bilan de la pandémie serait plus près de 17 millions de morts. Quel que soit le chiffre retenu, la COVID-19 est bien placée sur notre liste des maladies les plus meurtrières de l'histoire, à savoir :
La deuxième pandémie de peste bubonique est probablement apparue dans le nord-est de la Chine. Elle a tué rapidement autour de cinq millions de personnes, puis s'est déplacée vers l'ouest, à travers l'Inde, la Syrie et la Mésopotamie. En 1346, elle frappe un port de commerce appelé Kaffa, dans la mer Noire. Les navires au départ de Kaffa transportaient des marchandises mais aussi des rats, qui étaient infestés de puces, porteuses de Yersinia Pestis. En octobre 1347, 12 de ces navires accostent à Messine en Sicile, leurs coques remplies de marins déjà morts ou mourants. Lorsque les autorités portuaires se rendent compte de ce qu’apportent les navires, il est déjà trop tard. Au cours des cinq années suivantes, la peste noire va tuer près de la moitié de la population de l'Europe.
Cinq jours après son arrivée à Brevig Mission, village reculé de l'Alaska, la grippe pandémique de 1918 a déjà tué 90 % de la population. À Philadelphie, les prêtres ramassent les cadavres dans des chariots tirés par des chevaux. Dans certaines régions de l'Inde, la situation est telle que les corps sont abandonnés à la merci des chacals.
La grippe arrive à Bombay en juin 1918 sur les navires de transport de troupes qui ramènent les soldats des champs de bataille de la Première Guerre mondiale. À la fin de l'année, elle a déjà fait 18,5 millions de victimes en Asie du Sud. À Freetown, au Liberia, quatre pour cent de la population disparaît en trois semaines. En Perse, 22 % de la population est décimée. À travers le monde, ce sont 50 à 100 millions de personnes qui meurent avant que la population ne soit protégée par la montée de l'immunité.
Contrairement à la COVID-19, qui est plus meurtrière pour les personnes âgées, la moitié des victimes de la grippe sont jeunes - entre 20 et 30 ans. En fait, dans son livre The Great Influenza [La Grande Grippe], l'historien John M. Barry estime que 8 à 10 % des jeunes adultes pourraient avoir été tués pendant les deux années de propagation du virus. Les effets économiques du choc démographique sont radicaux et diversifiés. Dans certaines régions des États-Unis, la production industrielle chute de 50 pour cent. En l’absence de main d’œuvre pour cultiver la terre, la production alimentaire s’arrête en Afrique ; la famine ou une quasi-famine s’installent dans de nombreuses régions. En Inde, où les seigneurs britanniques se cantonnent à l’abri de leurs vastes demeures alors que la population locale reste sans protection, les cruelles injustices de l'épidémie viennent alimenter le feu révolutionnaire naissant.
La variole est un fléau connu depuis des siècles dans de nombreuses régions du monde lorsque les premiers Européens arrivent sur les côtes américaines. En Europe, elle tue alors 20 à 60 % des sujets infectés. Les survivants sont immunisés.
Mais les peuples autochtones précolombiens d'Amérique sont immunologiquement naïfs face au virus de la variole qui arrive à bord d'un navire espagnol dans l'actuelle ville de Veracruz, au Mexique, en avril 1520, tapi dans le corps d'un esclave venu d’Afrique. Le continent est alors totalement vulnérable.
L'épidémie déclenchée par le premier contact est été catastrophique, mais ce n'est que la première vague. D’autres vagues d'infections vont déferler sur le continent pendant des décennies. Ceux qui ne sont pas morts de la variole succombent à la grippe, qui débarque dans la foulée, ou à rougeole qui prend le relai. C’est ainsi que périt 90 % de la population amérindienne. De grandes civilisations et leurs cultures s’éteignent soudainement, ouvrant la voie à la colonisation européenne. La "grande mort" a eu un impact planétaire : selon les chercheurs, l'abandon massif des terres agricoles et leur retour à l’état naturel à la suite de cette grande vague d'infections meurtrières pourrait avoir provoqué un refroidissement climatique mondial dans les années 1600.
La maladie - dont il est maintenant confirmé qu'il s'agissait de la peste bubonique - atteint Constantinople, capitale du Bas-Empire romain et de l'Empire byzantin, en 541. Elle tue rapidement 10 000 personnes par jour. Les cadavres jonchent les espaces publics où ils s’empilent comme des marchandises. Il s'agit peut-être de la première grande épidémie de peste bubonique que le monde ait connue et les archives suggèrent qu'elle a traversé les continents et atteint l'Égypte romaine, la Méditerranée, l'Europe du Nord et la péninsule arabique. De nouvelles études analysant les résultats scientifiques ainsi que les documents textuels et numismatiques laissent penser que la peste a pu laisser une empreinte encore plus profonde sur le monde du haut Moyen Âge qu'on ne le pensait jusqu'à présent.
Elle n'avait jamais complètement disparu, mais la peste bubonique a resurgi violemment en 1855. Apparue au Yunnan, en Chine, elle s'est ensuite propagée aux villes portuaires de Guangzhou et de Hong Kong en 1894. Les navires en partance disséminent l’infection qui explose un peu partout : à Bombay, à Calcutta, à Cape Town et à San Francisco en 1900. Cette troisième pandémie fera 12 millions de morts dans le monde - dont plus la moitié en Inde.
Mais grâce à la science, cette pandémie sera la dernière de la peste bubonique. La bactérie responsable, Yersinia pestis, est identifiée en 1894 à Hong Kong. Et l’observation de la présence de nombreux rats morts dans les rues avant la survenue des épidémies attire finalement l'attention des scientifiques sur son vecteur : les puces de rat, qui infestent les humains à la mort des rats, leurs hôtes privilégiés. Des mesures de dératisation et l’utilisation d’insecticides ont permis de faire de la prévention. La découverte de traitements efficaces (sulfamides, à partir des années 1930, et antibiotiques comme la streptomycine à partir de 1947) allait enfin permettre de juguler cette maladie épidémique, la plus meurtrière que le monde ait connue.
Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) pourrait être passé pour la première fois du chimpanzé à l'homme en République démocratique du Congo vers 1920. Il s'est plus ou moins propagé discrètement jusqu'en 1981, jusqu’à son émergence aux États-Unis, dans la communauté homosexuelle masculine, sous forme d’une épidémie de pneumonies virulentes et de sarcomes de Kaposi (type de cancer rare, lié à l’infection par un virus herpes). À la fin de l'année, 270 cas avaient été signalés, associés à 121 décès.
Il est toutefois probable qu'en 1980, le VIH était déjà présent sur les cinq continents, et qu’il avait déjà infecté entre 100 000 et 300 000 personnes. L’infection peut rester silencieuse une dizaine d’années avant l’apparition des symptômes. En 1987, lorsque l'OMS lance le Programme spécial de lutte contre le sida, on estimait que 5 à 10 millions de personnes dans le monde vivaient déjà avec le VIH. Aujourd'hui, malgré des progrès massifs dans son traitement et sa prise en charge, l’infection reste incurable. Le nombre de personnes infectées s'élève à environ 38 millions, plus des deux tiers de ces patients vivant en Afrique subsaharienne. ONUSIDA estime à 36,3 millions le nombre de personnes mortes de maladies liées au sida. Mais grâce à l'amélioration des médicaments et à un accès plus équitable au traitement, le nombre annuel de décès liés au sida a diminué de 47 % depuis 2010.
Tout le monde s’en souvient probablement : en décembre 2019, la ville de Wuhan, en Chine, est frappée par une épidémie d’une forme inhabituelle de pneumonies. L’agent étiologique est rapidement identifié : il s’agit d’un coronavirus . Au début, les autorités sanitaires se veulent rassurantes : le nouveau virus ne se transmettrait pas d'homme à homme. Cela s’avère rapidement faux. Fin janvier 2020, l'OMS déclare que la COVID-19 est une urgence sanitaire de portée internationale. En mars, des cas sont recensés dans 114 pays. Les nations se ferment en cascade à travers le monde. Un an et demi plus tard, on estime à 17 millions le nombre de morts. De nombreux survivants présentent des symptômes persistants. La pandémie a en outre de lourdes conséquences qui n’ont pas encore été résorbées : perturbations sociales et économiques, impact sur la santé mentale des agents de santé dans le monde entier, aggravation des inégalités en raison d'un accès inégal aux vaccins.
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