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La religion, c'est de la merde

(je ne vais pas me faire que des amis avec ce titre !)

Eh oui, mais c'est ce que je pense profondément. La religion, ce n'est pas seulement l'opium du peuple, c'est un virus mental. C'est de la merde.  Pour plusieurs raisons :




Ouh la, me direz vous, tu vas un peu fort ! Ce que tu dis s'applique aux sectes, mais certainement pas aux grandes religions, aux religions musulmanes, juives, chrétiennes, bouddhiques ! Eh bien, si ! Mais il faut nuancer. Je vais vous donner quelques exemples.

Richard Feynman, prix nobel de physique, fut un jour interrogé par un groupe de patriarches juifs qui lui posèrent la question suivante : l'électricité, est ce que c'est du feu ? N'écoutant que son bon coeur, Feynman leur expliqua que c'était plutôt le contraire, le feu étant une réaction chimique qui est permise grâce aux électrons qui entourent tous les atomes.  Voyant les patriarches  visiblement perplexes, il leur fit tout un cours de physique-chimie élémentaire, insistant sur la force électromagnétique qui permet l'électricité et le feu (entre autres).  Mais les savants juifs, qui étaient peut-être savants dans l'étude de la Torah mais certes pas en physique, étaient de plus en plus perplexes. Feynman finit par leur demander pourquoi ils voulaient connaître les différence entre l'électricité et le feu :
- oh, répondit l'un de ces doctes sages, c'est simple : nous n'avons pas le droit de faire du feu le Samedi, alors la question est de savoir si nous pouvons utiliser l'électricité !
Feynman fut (on le comprend) profondément choqué de voir que ces gens, très intelligents, et qui avaient consacré leur vie à l'étude, ne l'avaient consulté, lui, prix nobel de physique, que pour savoir s'ils pouvaient ou pas allumer la lumière électrique le Samedi ! Voila à quoi mène cinquante ans d'étude des "textes sacrés" !

Autre exemple : le site islam-dine-rappel est un catalogue de préceptes, conseils, fatwas, etc. destiné aux musulmans. Quand on surfe sur ce site, on  peut se dire que ses auteurs sont tombés sur la tête.  C'est hallucinant. Le nombre "d'interdictions" de faire ceci ou cela qui se trouvent sur ce site dépasse l'imagination.  En quoi une religion qui prétend libérer l'homme peut-elle se trouver grandie par une telle restriction de liberté accordée à ses fidèles ? En quoi le fait de faire vivre les hommes et les femmes dans deux univers complètement séparés se distingue-t-il de la schizophrénie à l'échelle de la société ? En quoi le fait de lapider à mort les femmes adultères est-il un bien pour la société ? La religion est une névrose obsessionnelle collective, comme disait Freud.

Autre exemple : La religion catholique prétend que le fait de se confesser (c'est à dire de raconter ses turpitudes à un prêtre, puis de réciter quelques prières dites de pénitence)  permet de se "laver de ses péchés", et donc d'accéder au paradis, ce qui serait impossible sans confession.  Quelle connerie ! De qui se moque-t-on ? Les chrétiens disent aussi que pratiquer le sexe hors mariage est un "péché capital", mais une fois marié - par un prêtre - cela ne pose plus de problème. N'est-ce pas absurde ? On sent bien là l'un des buts principaux de ceux qui ont créé les religions : réguler, réglementer les passions humaines, jusqu'à l'absurde. Si cela conduisait à une diminution de la fécondité, encore, cela pourrait se comprendre. Mais c'est tout le contraire !

Toutes les religions interdisent l'avortement. Toutes sont contre le contrôle des naissances (le bouddhisme l'autorise dans certains cas). "Croissez et multipliez", disent les juifs, les musulmans et les chrétiens tous en choeur (pour une fois).  Eh oui, la surpopulation n'était pas un problème il y a deux mille ans, mais ça l'est devenu depuis... Moi je n'ai pas peur de dire ce que je pense : le contrôle des naissance est absolument nécessaire tant que la population humaine sur la planête dépassera le milliard d'habitant. Pourquoi ? Parce que l'empreinte écologique de l'humanité est déja largement supérieure à la surface de la planète. Nous vivons à crédit sur la nature, et ce sont nos descendants qui devront payer les intérêts. Un enfant, c'est bien, deux, ça passe encore, trois, c'est criminel (pas seulement contre la nature mais contre les descendants de nos enfants). Mais aucune religion ne vous dit ça. Au contraire ! Les religions ont été inventées à une époque tribale, où la croissance numérique de la tribu était ce qui importait. Les religions sont toutes pour le droit du sang, contre le droit du sol, parce qu'il y a deux mille ans la croissance de la tribu issue de son sang était LA chose importante. Connerie.

Les grandes religions actuelles sont issues d'un processus de sélection darwinienne effectué soit par les politiques (les empereurs romains, par exemple, ont vu dans la religion chrétienne qui pronait l'obéissance, l'humilité, la vertu, un bon moyen d'assouvir les masses), soit par les religieux eu-même (le concile de Nicée a été un sabordage volontaire et un autodafé des textes des apôtres, n'en laissant que quatre, et instituant toute une hiérarchie des prêtres, et un rituel qui n'existait pas auparavant). Religion et politique n'ont jamais été séparée, quoi qu'on en dise. Les président américains doivent jurer sur la bible, même s'ils ne sont pas chrétiens (notons que ce cas n'est jamais arrivé). La peine de mort a été autorisée, et même encouragée, par les papes dans le passé (sus aux hérétiques !) avant qu'elle ne passe de mode, mais ça peut revenir... L'Arabie Saoudite, pays très religieux, est aussi celui (après la Chine) où il y a le plus d'exécutions capitales...

Les religions ont leur manière à elle de défendre leur pré carré : elles exercent un contrôle rigoureux sur l'art et la littérature en particulier. Tout le monde connaît l'histoire terrible de Salman Rushdie, dont le roman les versets sataniques a été mis à l'index par l'ayatollah khomeyni, qui avait appellé "tous les musulmans" à tuer l'auteur, le forçant à vivre dans la clandestinité.  Mais l'église catholique exerce un contrôle tout aussi ferme sur les oeuvres susceptibles de "choquer" les "bon chrétiens". L'affiche de Girbaud montrant une cène dans laquelle les apôtres étaient remplacés par des femmes  a été interdite pendant un temps, avec une astreinte de 100000 euros par jour de retard, sur demande de l'association catholique "croyance et liberté" (le vatican ne censure que très rarement directement : il dispose de nombreux moyens détournés).  Heureusement, la condamnation a été annulée en cassation. Je vous mets cette image ici, je la trouve magnifique :

marithé et francois girbaud cène
 
Dans le même ordre d'idée, la photographie "piss christ" (ci-contre) d'Andres Seranno  a été vandalisée à Avignon,  et plusieurs personnes ont été menacées de mort pour 'avoir défendu le photographe. Pourtant, hormis son titre, qu'est ce que cette oeuvre a de choquant ? Rien.

Les religions n'ont jamais aimé qu'on "détourne leur message".  Comme si ce message n'était pas un détournement d'écritures elles mêmes détournées maintes et maintes fois depuis leur création. Au fait, tordons le cou à un mythe : Les religions (catholiques, juives, musumanes, boudhistes, etc) disent que leurs "textes sacrés" n'ont pas été écrits, mais "révélés", et que c'est Dieu lui même qui aurait inspiré la main des "prophètes" qui les ont écrits. Foutaise ! D'abord, répétons-le haut et fort, IL N'Y  A PAS DE DIEU. Il n'y a que des humains qui y croient.


Oh, Eh, me direz-vous, mais là tu y vas fort ! L'univers a bien été créé par quelque chose, non ? Peut-être, mais pas par un "Dieu".  Et il est possible d'étudier cette intéressante question sans faire l'hypothèse d'un Dieu. Il y a une science qui étudie les origines et le devenir de l'univers, elle s'appelle la cosmologie.  Ah, ben oui, c'est une science compliquée, avec beaucoup de maths, etc. Dieu, c'est tellement plus simple à comprendre. Même un enfant pourrait le comprendre. Et c'est bien là le problème. Sans s'en rendre compte, les parents propagent ce concept ridicule à leurs enfants, qui se retrouvent infectés (je n'éxagère pas) par ce virus mental tenace, dont il est très difficile de se défaire. Et voila pourquoi les religions perdurent.

En fait, il y a d'autres raisons : Les religions sont aussi des palliatifs très efficaces à l'angoisse fondamentale de l'homme, celle de la mort. Pour pallier cette angoisse, les religions donnent une réponse très simple : après la mort, on se réincarne (pour les boudhistes), ou on va au paradis (pour les musulmans et les chrétiens). Ah, mon Dieu (sic), que c'est rassurant !  Mais bon, c'est nul. A l'époque des tribus pastorales, ça pouvait marcher. Mais au XXIe siècle, merde, on peut plus gober ça ! Il est où, votre paradis ? Sur la lune ? Dans l'espace ? Sur Pandora ? Et son corrolaire, l'enfer ? Ah oui, parce que Chrétiens et musulmans ont plusieurs point communs : en plus de croire à un Dieu unique, aux anges, (dont l'archange Gabriel), aux prophètes, etc, ils croient aussi au paradis et à l'enfer. Ce serait à mourir de rire si plusieurs personnes n'étaient pas mortes d'avoir osé le dire.  Les Juifs sont plus subtils : Pour le Judaïsme, il n'y a pas d'enfer, mais certains textes parlent quand même du gueihinnom, de tourments éternels, d'errance éternelle des âmes, etc. Bref, l'enfer, c'est un concept très porteur. Et surtout très utile : il permet de domestiquer les êtres humains, voire même de les réduire en esclavage, sans protestations : si tu n'es pas sage (traduction : si tu n'obéis pas aux religieux), tu iras en enfer ! Pratique, non ?

Les boudhistes, très subtils eux aussi, ont un concept qui ressemble au paradis : le nirvāna. Contrairement à ce que beaucoup croient, il n'y a pas de réincarnation à proprement parler dans le bouddhisme (ce serait plutôt dans l'hindouisme), mais une transformation et une renaissance.  Pratique, cela évite le problème de la localisation de l'enfer et du Paradis !  Mais toutes les religions enseignent qu'il y a une différence fondamentale entre l'esprit et la matière.  Ah, le concept de l'âme ! Une autre idée simple, que même un enfant peut comprendre. Mais L'univers n'est pas simple, et il faut être adulte pour le comprendre (un peu). Alors on préfère se raccrocher à des idées simples.

Bon je pense que vous avez compris le message : les religions, c'est de la merde. Alors, virons-les ! Libérons nos esprits de ces parasites mentaux ! Ne les laissons pas empoisonner nos esprits ! Apprenons à penser librement et sans contrainte, étudions les sciences, la vie, l'univers, sans préjugé, forgeons nous nous même notre propre morale et notre propre éthique, mais ne l'imposons pas aux autres.  Donnons-leur seulement les indices, les faits, et pas les conclusions.  Nous pouvons prendre soin de nous-même et de notre belle planète sans les religions. Nous pouvons avoir un avenir sans Dieu, un avenir grandiose parce que le phénomène humain est une chose merveilleuse et que nous n'avons pas besoin d'un Dieu pour le savoir.




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horizon
Le 20/03/2017 à 20h04
merci pour cet article oh combien libérateur .vive la liberté libre comme dirait Rimbaud et longue vie aux gens qui sont bon par simple altruisme et civisme.
Wakizashi
Le 04/03/2017 à 08h05
Je ne prétends pas détenir une quelconque vérité, mais à ce stade, il me semble évident qu’un changement de paradigme est nécessaire et inéluctable en physique. Une physique qui est d’ailleurs en crise, soit dit en passant (cf par exemple l’excellent bouquin de Lee Smolin : « Rien ne va plus en physique »). De plus en plus de physiciens professionnels commencent à évoquer la conscience, en disant qu’elle est une composante de l’univers au même titre que l’énergie, et que donc, une théorie physique qui ne rendrait pas compte de son existence ne saurait être complète.



Pour conclure, je pense que notre connaissance de ce qu’est le réel connaîtra un bond en avant dès lors que le monde de la physique acceptera de sortir du cadre, de remettre en question un certain nombre de présupposés (majoritairement issus du paradigme matérialisme qui domine depuis plus de 200 ans), et notamment d’admettre le besoin d’étudier un éventuel rôle de la conscience dans le comportement des systèmes physiques, plutôt que de ne chercher qu’à réfuter celui-ci en vertu d’un réalisme déjà dépassé dans les faits (précisément depuis qu’Aspect a prouvé qu’il n’y avait pas de variables cachées).

Wakizashi
Le 04/03/2017 à 08h04
A ce sujet, je crois qu’il importe de se souvenir du contexte dans lequel les 2 théorèmes d’incomplétude sont nés : à l’époque, Hilbert faisait le pari que la science pouvait se suffire à elle-même, qu’elle ne dépendait de rien d’autre. Dans ce but, il avait mis au défi ses homologues mathématiciens de démontrer la cohérence de l’arithmétique lors du fameux congrès de 1900. C’était cette fameuse époque où l’on parlait de « la fin de la science », où l’on pensait que la physique avait quasiment tout expliqué, même s’il restait quelques petits détails qui posaient problème (notamment le problème du rayonnement d’un corps noir : on a vu ce que ça a donné…)<br />rn<br />rn(Je poursuis ici puisque mon message est trop long…)<br />rn<br />rnBref, Gödel était là, et il a démontré… le contraire. Malgré ça, la démarche matérialiste continue de postuler que l’univers peut s’expliquer par lui-même, qu’il n’y a « rien d’autre », qu’il n’y a pas d’incomplétude dans le monde. Lao Tseu expliquait pourtant il y a plusieurs milliers d’années déjà que la roue ne peut exister et tourner que grâce au vide qui compose son centre. Il existe une infinité d’exemples pointant l’incomplétude fondamentale qui est tout autour de nous, et aussi en nous. Elle est consubstantielle du réel.<br />rn
Wakizashi
Le 04/03/2017 à 08h03
Bonjour M Boisse,



Je ne peux pas ne pas être d’accord quand vous dites que pour comprendre la physique, il faut comprendre la logique. Mais mon intuition diffère de la vôtre, dans la mesure où le solipsisme est une définition qui me convient très bien, et que j’assume pleinement. Il y a quelques temps d’ailleurs, comme M Jourdain, j’étais solipsiste sans le savoir, avant de connaître la définition de ce mot. J’ai fait il y a longtemps le constat que la seule chose dont je peux être absolument certain se résume en 2 mots : « je suis ». Quand je dis « je », je ne prétends pas définir ou savoir ce que c’est. Je n’ai pas dit « je suis ceci ou cela ». Juste, « je suis ». Ça, je le sais. La sensation d’être est le sentiment le plus profond et le plus intime qui puisse se concevoir. Tous les bébés et les animaux le savent (même s’ils ne sont pas capables de le formaliser et que cette idée ne leur viendrait même pas à l’esprit) : c’est une évidence qui coule de source.



D’autre part depuis Gödel, on sait que la logique ne peut pas se suffire à elle-même. La logique et la science, bien qu’elles soient des outils fascinants et extrêmement puissants, ne disent pas ce qu’est le réel, et elles ne le pourront jamais. Elles font des représentations du réel, elles le cartographient, mais on ne peut pas confondre la carte et le territoire. Il en va de même pour la pensée : le mental effectue des représentations, qui sont limitées par nature. Tout système de pensées (y compris la science) est donc stricto sensu un système organisé de croyances (je sais, c’est un peu hérétique de dire cela).

Serge Boisse
Le 02/03/2017 à 22h10
Bonjour Wakizashi

je pense que vous avez, comme moi, lu "à la recherche du réel" de Bernard d'Espagnat, un livre qui fait réfléchir en effet. Sauf à se réfugier dans un solipsisme stérile (style "le réel, c'est ce que je sais que je perçois"), l'hypothèse du réel voilé de d'Espagnat est celle qui correspond le mieux à ce que la physique quantique nous apprends sur le monde (s'il existe !).

Mais ma propre intuition est ce que discourir ce qui est réel ou pas ne mène à rien, sauf à reformuler autrement la logique elle-même, quitte à abandonner des principe comme la binarité (une proposition être ou bien vrai, ou bien fausse) et le principe du tiers exclus. En d'autre terme je propose que pour comprendre la physique ("qu'est ce qui est possible physiquement ou pas") nous devons avant tout comprendre la logique ("qu'est ce qui peut être vrai ou pas, ou indéterminé, ou autoréférent, ou dépendant d'une modalité...")
Wakizashi
Le 01/03/2017 à 11h20
Bonjour Phil,



Oui, on raisonne en-dehors de l'espace temps. Le chat à la fois mort et vivant fait référence à la superposition d'états quantiques. Cette superposition n'existe pas dans l'espace-temps ; elle existe (et elle évolue) dans un espace mathématique (appelé "espace de Hilbert"). Pour être honnête, personne ne sait à quoi cela correspond dans le "réel". C'est une évolution virtuelle. De plus, on ne peut pas (et on ne pourra jamais) observer la superposition d'états, puisque toute observation la réduit obligatoirement à l'un des états qui la composent (c'est le fameux effondrement de la fonction d'onde). C'est la raison pour laquelle Bernard d'Espagnat parlait de "réel voilé" pour l'évoquer : on sait que "ça" existe, mais on sait aussi que l'on n'y aura jamais accès.



De même, l'intrication quantique montre qu'il existe des corrélations qui ne dépendent ni de l'espace-temps, ni de la matière et de l'énergie.



Ce que tout cela nous dit, c'est que contrairement à l'un des postulats fondamentaux du matérialisme philosophique, ce qui existe n'est pas limité à l'espace, au temps, à la matière et à l'énergie. Il existe "autre chose", une autre "dimension" du réel, et la réalité que nous connaissons (la réalité "physique") émerge de cet "ailleurs". Je parle en termes triviaux de façon délibérée, mais c'est bien l'un des enseignements principaux de la théorie quantique.
phil
Le 28/02/2017 à 13h42
Bonjour Wakizashi,

oui je pense comprendre, mais à propos de la théorie quantique, dans l'histoire du chat de Schrödinger, le chat est à la fois mort et vivant ... donc on résonne en dehors du continuum espace/temps ? Le chat et le non-chat "existent" comme une seule entité; une dualité ? Nous parlons de "Dieu" et d'origine de toute chose etc. n'est-ce pas plus adapté de s'afranchir de l'espace/temps, dans un dimension "autre"? Ce n'est qu'une supposition bien sûr, sachant bien que nous sommes naturellement enclin à penser et resonner dans notre dimension et que nous puissions être limités dans notre compréhension de l'univers qui nous entoure.
Wakizashi
Le 28/02/2017 à 09h34
Bonjour Phil,



Nous sommes sujets par définition, et à ce titre, il me paraît impossible de se placer "au-dessus du sujet et de l'objet". Et puis question bête : y a-t-il vraiment un sujet ET un objet ? Je disais dans un message précédent que la seule réalité du rêve, c'est la conscience du rêveur (donc du sujet). Les objets dans le rêve ne sont donc pas séparés du sujet : c'est une pure création de la conscience ; une illusion générée par le sujet.



Bref, tout ça pour dire que si le monde "extérieur" est une illusion, alors il n'y a plus d'objet, et il n'y a plus de dualité sujet/objet. Il ne reste plus que le sujet.



C'est ça qui est intéressant avec la théorie quantique, en cela qu'elle semble montrer qu'il n'y a pas d'objet sans sujet, ce qui ruine le réalisme. Beaucoup de physiciens et de mathématiciens espèrent trouver une théorie plus englobante qui remettra le réalisme en selle, mais pour l'instant et jusqu'à preuve du contraire, c'est l'observation qui engendre l'effondrement du paquet d'onde ; donc sans observateur il n'existe rien de concret. En l'absence d'observateur, ce qui existe est une onde de probabilités formalisée mathématiquement par la fonction d'onde. Et malheureusement pour les tenants du réalisme, une onde de probabilité n'est pas matérielle par définition. C'est un pur potentiel, quelque chose de fondamentalement virtuel.



Conclusion incontournable : si l'objet a disparu, il ne reste que le sujet. Et par conséquent, l'objectivité n'existe pas, puisqu'elle requiert la dualité sujet/objet. Si on va un peu plus loin, on peut dire que la dualité n'existe pas, donc que le sujet est un absolu. Je ne sais pas si je suis très clair...
phil
Le 25/02/2017 à 11h14
Bonjour Wakizashi, j'ignore aussi si la pensée précède la matière ou l'inverse. Si on se place au dessus du sujet et de l'objet pour avoir un point de vue globale ? Le peu que je sais des étoiles que l'on voit de nos yeux ou à l'aide d'instruments c'est qu'elle n'existent plus telles que nous les voyons. C'est un point de vue égocentrique (?) C'est confus dans mon esprit... Pour ce qui est est de l'électronique, je sais en tout cas que quelques pico Ampères "intelligents" peuvent controler des courants colossaux. Par analogie, sur le plan humain une petite idée peut déclencher une révolution. C'est présomptueux mais je pensererais plutot en l'intelligence qui précède la matière. Pas une intelligence humaine en tout cas c'est évident. Donc en réalité je ne sais rien.
phil
Le 25/02/2017 à 10h21
Bonjour Serge Boisse, merci pour votre hospitalité sans laquelle ce débat, démocratique au plus haut point, ne serait pas possible ! Je trouve chaque intervention passionnante et parfois passionnée aussi ! "brique après brique" cela prend forme de plus en plus peut être pour devenir édifiant pour tous. Qui sait ?
Serge Boisse
Le 24/02/2017 à 22h30
Enfin des commentaires qui relèvent le débat ! Merci Wakizashi et phil ! C'est précisément ce que j'ai cherché en écrivant cette page.
Wakizashi
Le 24/02/2017 à 17h11
En physique fondamentale, la notion même de réalité fait l'objet de questions qui semblent insolubles, notamment parce que la "matière" n'est que la projection de quelque chose de parfaitement virtuel et... immatériel justement. D'autre part cette projection (la projection de la fonction d'onde sur une observable en jargon mathématique) nécessite un observateur, ce qui est bien embêtant parce que cela veut dire que l'observateur semble inséparable de l'observé. Autrement dit, pas d'objet sans sujet, ce qui met de facto par terre toute idée d'objectivité du monde...



Tout ça aboutit à une question vieille comme la métaphysique : qui est causalement antérieur à l'autre, le sujet ou l'objet ? Est-ce l'objet qui engendre le sujet (c'est l'option matérialiste), ou est-ce le contraire ?



En d'autres termes, la conscience est-elle engendrée par la matière (celle qui compose le cerveau en l'occurrence), ou bien la matière n'est-elle qu'une illusion prenant forme au sein de la conscience ?



Voilà qui nous fait retomber sur le rêve, alors comme la boucle est bouclée, je te souhaite une bonne soirée...

Wakizashi
Le 24/02/2017 à 17h10
"qui est l'auteur de nos rêves sinon nous même ?"

La bonne question à poser à mon avis, c'est "qui est nous mêmes ?", ou autrement dit "qui sommes-nous ?", "quelle est notre nature ?" C'est la question de l'identité, qui est au coeur des grandes questions philosophiques depuis des siècles.



Quand je rêve, qu'est-ce qui rêve ? Quel est ce "je" dont on parle ?



En tout cas on peut dire une chose là-dessus : si le rêve est bien une illusion, il y a bien quelque chose qui est réel dans le rêve : la conscience du rêveur. Sans conscience, impossible d'envisager la moindre illusion.



En allant plus loin, qui peut dire que la "réalité" n'est pas une vaste illusion, surtout quand on sait que ce que l'on voit de la réalité est une image restituée par le cerveau à partir des informations qu'il reçoit des 5 sens ?
Wakizashi
Le 24/02/2017 à 16h40
"Je te le concède l'homme est poussière d'étoile, mais c'est passer sur des milliards d'années d'evolutions qui ont permis l'apparition d'une vie sur terre"



Oui et non... Oui parce qu'il est évident qu'il a fallu des milliards d'années d'évolution avant d'arriver à des petits bonshommes qui se posent des questions sur leur origine, mais non pour 2 raisons :



1- On ne sait pas ce qu'est la vie. Ca paraît tout bête, et pourtant... Quel est ce flux qui nous traverse et que l'on appelle "vie" ? Les scientifiques répondent en parlant d'organismes vivants et de biochimie, mais c'est uniquement descriptif ; ça n'explique pas ce qu'est la nature de la vie.



2- On sait qu'il a fallu un certain nombre de "coïncidences" extraordinaires pour que l'univers PUISSE engendrer des formes complexes (et ensuite des formes vivantes). Par exemple, la formation du carbone n'a été possible dans les étoiles que parce qu'il existe un état excité du noyau de carbone 12 dont l'énergie totale est égale à la somme de celles d'un noyau d'hélium et d'un noyau de béryllium 8 (c'est ce qu'on appelle la réaction triple alpha). Or le fait qu'il existe un tel état excité du carbone n'avait aucune raison à priori d'exister...
phil
Le 24/02/2017 à 12h54
Je te le concède l'homme est poussière d'étoile, mais c'est passer sur des milliards d'années d'evolutions qui ont permis l'apparition d'une vie sur terre et relativement peu de temps après, l'Homme; une créature qui s'interroge sur son l'origine, son pourquoi, son comment, son Créateur... une créature qui rêve, qui croit aux fantômes et aux revenant. Une créature qui s'interroge même parfois sur son identité et la connaissance de son soi, sa fin ultime ... qui est l'auteur de nos rêves sinon nous même ? Je pense que notre organe de la pensée est rempli de barrières, de "no-mans-land", de filtres, ou de tabous diront certains. Dans mes rêves ce sont autant de secteurs qui me sont (encore) interdits.

Notre cerveau est-il à même de concevoir le phénomène (son Dieu ou son créateur) qui la lui-même conçu ? si c'est un paradoxe, je appelerait le paradoxe du miroir ? Mirroir suis-je beau ? Et il ne répond pas, me renvoyant l'image que je me fait de moi-même... mince ! Comprendre son "créateur" = mission impossible. Loin de moi l'idée dans faire une personne, une religion, ou un phénomène ! Juste réfléchir et méditer selon les possibilités qui me sont offertes par la nature et la connaissance humaine. Oui l'humilité est de mise et la prudence car l'intégrité intellectuelle en est l'enjeu.
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